Gran Encantat en aller-retour
D+ = D- = 750 m; T = 5 h 30
Au programme d'aujourd'hui, le fameux Grand Encantat ! Nous faisons
une pause dans notre circuit itinérant. Les 2 Encantats surploment
majestueusement le refuge de Mallafré et justement, il paraît qu'un
chemin de randonnée y mène. Départ à 8h30. La gardienne
nous6.1 a montré le chemin de départ et
donné quelques tuyaux. A priori, il n'y a qu'à suivre les cairns
(hitos en VO). Un couple nous précède. À la fraîche, nous
marchons d'un bon pas, le sac léger, surtout pour certaine... Au
sortir de la forêt, on traverse à flanc pour contourner le Gran
Encantat par la droite, au-dessus d'une jolie clairière parsemée
d'énormes blocs, encore dans l'ombre. Puis c'est la montée d'un long
et raide pierrier grossier, instable et donc assez casse-gueule. Nous
trouvons finalement un passage herbeux sur la droite jusqu'à un
passage en gradin, puis un autre en escalade le long d'une courte
cheminée. Le couple qui nous précède se rapproche grandement. Arrivés
au Coll dels Encantats, petite pause photo. De là, plusieurs sentes
montent doucement, sur notre gauche, en direction du sommet qui semble
à présent à portée de main. Passage facile d'une petite barre
rocheuse, puis sente en traversée, un peu fuyante et surtout
expo. Vivement le vrai rocher bien franc. Par une courte dalle, nous
rejoignons une petite vire d'où au moins 2 itinéraires semblent
possibles.6.2 Je prends à
gauche une cheminée assez verticale faite de bonnes prises, comme des
mini-marches.6.3 La progression est
agréable, bien que l'ensemble reste assez expo... je ne regarde pas vers
le bas. Quelques mètres au-dessus, on débouche à une brèche d'où l'on
découvre l'autre face de la montagne, beaucoup plus plongeante... De là, hors de question de passer de l'autre côté6.4, ni
de prendre par l'arête.6.5 On se trouve donc dans un cul-de-sac
à 40 m du sommet, grrr ! La désescalade s'impose alors : Laurent
m'aide à placer mes pieds et, pas à pas, prise après prise (très
bonnes), nous revoilà au point de départ (bifurc). Mais par où sont
passés nos éclaireurs ? La solution alternative nous semble
engageante : je me motive un peu, allez, on la tente. Le rocher est
très différent, plus en arrondi, les prises sont donc moins
franches. Et toujours ce long couloir fuyant en-dessous de nous... Laurent prend la tête et, quelques mètres plus haut, juge le
cheminement un peu osé sans assurage.6.6 Demi-tour prudent sur ces vires
terreuses toujours plus impressionnantes à la descente. Une fois
rejoint le col des Encantats, petit pique-nique : chiffonnade de
jambon, babybel et fruits secs (boudés par Laurent pour cause de noix
de coco !). Scrutant le sommet, nous finissons par y voir arriver les
2 alpinistes. Ils ont mis du temps à l'atteindre, sans doute n'ont-ils
pas non plu pris le bon itinéraire. Ils mettront également beaucoup de
temps à redescendre. Curieux, la gardienne semblait dire que ce
n'était que de la grimpouille !6.7 Nous repartons afin de redescendre le
couloir issu du col tous seuls, et ainsi se prévenir de toute chute de
pierre. C'est étroit, instable et friable. Mieux vaut éviter ce genre
d'endroit un dimanche... Précautionneusement et patiemment, nous
atteignons le bas de ce tas de cailloux. Il y a désormais quelques
cairns qui indiquent la voie plus gazonnée que nous avons
empruntée. De retour au refuge, 2 bières nous désaltèrent. Petite
parlotte avec 2 français de passage, bivouaqueurs rebelles eux
aussi.6.8 Le soleil semble se
maintenir, l'air est chaud : c'est décidé,
nous jouerons les Adam et Ève dans la rivière. Il faut dire qu'on
commence à se sentir vraiment sales ! Ça ne loupe pas : une bière à
jeûn dans l'estomac, et me voilà les 2 pieds dans l'eau, avec
chaussettes, chaussures sinon ça n'a aucun intérêt.6.9 Nous trouvons rapidement un coin
idéal, un peu en amont du refuge, et là, le bonheur ! Nettoyage à
grande eau de la tête aux pieds. Et le soleil qui réchauffe la peau
instantanément... ce serait un peu le paradis s'il n'y avait pas
eu des dizaines de moustiques à notre assaut. Au comptage, Laurent
l'emporte :6.10 une
30aine de piqûres, rien que sur le dos ! Petite lessive et rattrapage
de chaussettes emportées par le courant. Peu en contrebas, un autre
randonneur joue lui aussi les Robinson et, beaucoup plus téméraire, se
baque tout entier et tout nu dans une vasque. Le reste de l'après-midi
se tire paisiblement en bouquinant pour l'un, en siestant dans les
hautes herbes pour l'autre. L'ambiance au refuge est totalement
différente aujourd'hui : beaucoup moins de monde que dimanche, et
surtout il fait beau ! Ce soir, nous nous mettrons les pieds sous la
table, pour une fois. Et ce fut un bon choix, car les demoiselles du
refuge nous ont régalés : soupe, potée de lentilles, lapin
ratatouille, et melon d'eau !6.11C'est calme : il y a 4 français, 4 allemands et 2 espagnols. Un groupe
de 6 attendu pour le soir n'arrivera jamais. Pour une fois, Laurent
pourra étendre ses jambes en adoptant la diagonale sur les bat-flanc
laissés libres.6.12